Par Rodrigue Ahégo,
La Voix des Sans Voix
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Le régime de Faure Gnassingbé vient une nouvelle fois de prouver que, faute de pouvoir changer le quotidien des Togolais, il excelle dans l’art de changer les étiquettes. FAIEJ, SAZOF, HAAC, HAPLUCIA… Ces acronymes, autrefois symboles de promesses non tenues et de dérives institutionnelles, subissent aujourd’hui un lifting sémantique. Mais ne nous y trompons pas. Changer le nom d’un plat pourri n’en retire ni l’odeur, ni la toxicité.
Le recyclage résonne comme un aveu d’impuissance. Ce jeu de chaises musicales administratif est l’aveu cinglant d’une incapacité à proposer de réelles alternatives de développement. Après plus de 60 ans d’un système qui s’essouffle, le pouvoir RPT-UNIR semble avoir épuisé son stock d’idées. Plutôt que d’initier des réformes structurelles profondes (celles qui mettraient fin à la corruption systémique ou qui garantiraient une véritable liberté de presse) le régime préfère « réchauffer les restes ».
Cette stratégie de communication, financée à coups de centaines de millions de nos francs, n’a qu’un seul objectif : l’amnésie collective. En effaçant les sigles associés aux échecs passés, on tente de gommer les déboires, les scandales de gestion et l’inefficacité de ces services dits « stratégiques ». Un peu comme ce qui fut fait, faisant passer les douanes Togolaises et le service des impôts est un Office Togolais des Recettes (OTR) aussi criminel que les cadavres qu’il a remplacé.
Focus sur le triptyque de l’immobilité : HAAC, HAPLUCIA, FAIEJ
Pour comprendre la portée de cette supercherie, il faut disséquer ce que ces acronymes représentent réellement dans le vécu du Togolais lambda.
La HAAC, de l’arbitre au bourreau
Censée garantir la liberté de la presse, elle s’est muée en un tribunal d’exception contre les voix discordantes. Elle assure finalement le service de prédation de la liberté de presse. La HAAC représente finalement un cauchemar pour les journalistes qui veulent faire leur travail de façon professionnelle. Elle est devenue un gardien qui empêche que les projecteurs soient allumés sur les déboires et anomalies qui compromettent le mieux-être et le vivre-ensemble.
Retirer ce sigle, c’est tenter de faire oublier les suspensions arbitraires de journaux et le verrouillage de l’espace médiatique. Peu importe le nouveau nom, si le ciseau de la censure reste le même, la liberté restera enchaînée.
La HAPLUCIA, le spectacle de l’inaction
Malgré les rapports accablants et les scandales financiers, cette institution est restée un tigre de papier. Elle a été muette comme une carpe, devant d’accablantes preuves qui révèlent des scandales financiers et économiques. Son silence et son inaction ont nourri l’impunité et permis aux auteurs des malversations financières de se mettre à l’abri et de récidiver. Rebrander la lutte contre la corruption sans engager de poursuites réelles contre les « gros poissons » est une insulte à l’intelligence des citoyens. On maquille l’impuissance en renouveau, mais l’impunité demeure intacte.
Le FAIEJ, le miroir aux alouettes
Vendu comme le remède au chômage, il est devenu un outil de clientélisme où le soutien est conditionné par l’allégeance. La précarité des jeunes ne se résoudra pas par une nouvelle identité visuelle, mais par une réelle méritocratie.
L’illusion du changement pour éviter la rupture
Ces institutions sont les rouages d’une machine qui tourne à vide. En les rebaptisant, le régime espère saturer l’espace public de mots vides : émergence, nouvelle gouvernance, transformation. Pourtant, la réalité est têtue. Ce « réchauffage de plats pourris » ne trompe que ceux qui refusent de voir. Le peuple attend des actes : la fin des détentions arbitraires, le jugement des prédateurs de l’économie et une véritable alternance.
L’heure du réveil, au-delà des acronymes et l’exigence de dignité
Face à ce ravalement de façade, le silence est une complicité. Le peuple togolais ne peut plus être le spectateur passif d’une pièce dont les décors changent, mais dont la mise en scène reste celle de l’oppression.
La vigilance doit être notre bouclier. Chaque Togolais doit rejeter ces nouveaux emballages qui sont les linceuls de nos libertés. L’échec de ce « marketing de la misère » est impératif. Il doit signaler que le peuple n’est plus dupe. L’action citoyenne doit être notre levier. Ne demandons plus comment s’appelle l’institution, demandons où est l’argent détourné et quand la jeunesse sera enfin libre.
On ne guérit pas une gangrène avec du parfum. Le changement n’est pas nominal, il est structurel. Il est temps de passer de la « Voix des Sans Voix » à la « Force des Sans Peur ». Que ce énième artifice soit le dernier.
Peuple togolais, reste debout. Ta mémoire est ton arme, ta vigilance est ta liberté.
















