La députée de la Dynamique de la majorité populaire (DMP), Kafui Brigitte Adjamagbo-Johnson, a présenté samedi au centre communautaire de Tokoin le bilan de son action parlementaire pour l’année 2025. Cette rencontre citoyenne, placée sous le signe de la reddition de comptes, a permis à l’élue de revenir sur ses prises de position politiques, ses initiatives de contrôle de l’action gouvernementale et sa participation aux travaux législatifs, dans un contexte qu’elle qualifie de crise institutionnelle et démocratique.
Devant les militants et sympathisants de la DMP, en présence du coordonnateur national du regroupement, Mme Adjamagbo-Johnson a rappelé que le choix de siéger à l’Assemblée nationale après les législatives d’avril 2024 ne valait en aucun cas adhésion à l’ordre institutionnel issu de la Constitution de la 5ᵉ République, que son parti considère comme anticonstitutionnelle.
Boycott des institutions et refus de la 5ᵉ République
Fidèle à cette ligne, la députée affirme avoir adopté tout au long de l’année 2025 une posture de refus face aux mécanismes de légitimation de la 5ᵉ République. Elle a notamment boycotté les cérémonies de mise en place des nouvelles institutions en mai 2025, ainsi que le Congrès du 2 décembre 2025 consacré au discours sur l’état de la Nation prononcé par Faure Gnassingbé.
« On ne peut rendre compte de l’état réel de la Nation dans un cadre institutionnel qui nie la souveraineté populaire », a-t-elle soutenu, justifiant ces absences par le refus de servir de caution à ce qu’elle qualifie de « simulacre de normalité démocratique ».
Soutien aux mobilisations citoyennes
La députée de la DMP a également mis en avant son soutien aux mobilisations citoyennes de juin 2025, portées notamment par la jeunesse. Elle a dénoncé la répression des manifestations pacifiques, les arrestations arbitraires et les pertes en vies humaines enregistrées lors de ces mouvements.
Avec deux autres députés de l’opposition, elle a adressé une question orale au ministre de la Justice et de la Législation sur les responsabilités liées à ces violences, le sort des personnes interpellées et les décès survenus. À ce jour, aucune réponse n’aurait été apportée, selon elle.
Contrôle de l’action gouvernementale sur le terrain
Sur le volet du contrôle de l’action gouvernementale, Kafui Brigitte Adjamagbo-Johnson a revendiqué une approche de terrain. En 2025, elle a effectué plusieurs visites dans des centres médico-sociaux, notamment à Kodjoviakopé et à Adakpamé, ainsi que dans des écoles primaires à Lomé, où elle dit avoir constaté des insuffisances en matière d’infrastructures, d’hygiène et de gouvernance.
Ces constats ont donné lieu à des questions écrites adressées aux ministres concernés et à des rapports transmis à l’Assemblée nationale. Dans le secteur de l’urbanisme, des visites de chantiers routiers à Lomé ont également conduit à des interpellations publiques sur l’état d’avancement des travaux.
Budget 2026 : la DMP vote contre
La députée est par ailleurs revenue sur l’examen du projet de loi de finances 2026, qu’elle juge déconnecté des besoins réels des populations. Elle dénonce un budget dominé par le service de la dette, des secteurs sociaux sous-financés et une faible contribution de certaines entreprises publiques stratégiques au budget national.
Au total, 267 questions écrites ont été adressées au gouvernement dans le cadre de cet exercice, selon la parlementaire, qui affirme n’avoir obtenu que très peu de réponses. La DMP a finalement voté contre la loi de finances 2026.
Perspectives : poursuite du combat politique
En conclusion, Kafui Brigitte Adjamagbo-Johnson a réaffirmé que l’engagement de la DMP reste orienté vers deux objectifs majeurs : la fin du régime actuel et l’alternance politique. Elle a annoncé la poursuite des rencontres de reddition de comptes à l’intérieur du pays et appelé à un renforcement de la mobilisation citoyenne, estimant que « chaque action compte dans la construction du rapport de force démocratique ».
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