Par Rodrigue Ahégo
la Voix des Sans Voix
Deux chambres salon meublés et climatisés avec cuisine
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L’effervescence qui s’empare de nos cités à l’occasion du 08 mars, laisse une saveur amère à quiconque s’intéresse à l’essence des combats sociaux. Alors que cette date devrait être un moment de recueillement, de bilan et de projection vers une égalité réelle, elle s’est métamorphosée en une foire aux vanités où le paraître l’emporte sur l’être. On assiste, médusés, à une dérive mercantile et festive : réjouissances populaires, buffets à volonté et dîners de gala somptueux occupent désormais le devant de la scène. Ce décorum, loin de servir la cause des femmes, trahit les racines profondes d’une journée née dans le sang et la sueur des ouvrières revendiquant leur dignité. Ce contresens historique ne se limite pas à la sphère publique ; il s’immisce dans l’intimité des foyers, créant des tensions inutiles là où devrait régner la solidarité. Trop souvent, la « femme au foyer » ou la travailleuse, piégée par une lecture erronée de l’événement, tente d’imposer à son époux un diktat de dépenses somptuaires, transformant une revendication de droits en un caprice de « bling-bling » et de « m’as-tu-vu ».
Cette méprise repose sur un quiproquo fondamental : le 08 mars n’est pas la fête de « la » femme au sens biologique ou romantique, mais la Journée internationale des droits des femmes. En la célébrant avec un faste qui frise l’indécence, on occulte la réalité des discriminations qui persistent. Dans les foyers, l’exigence de cadeaux luxueux ou de sorties mondaines finit par fragiliser l’harmonie conjugale, car elle réduit le respect dû à la femme à une transaction matérielle éphémère. Pourtant, l’héritage de cette journée appelle à une tout autre forme de célébration.
Au lieu de se perdre dans les vapeurs des banquets, cette journée devrait normalement être jalonnée d’événements porteurs de sens et de progrès social.
Pour redonner ses lettres de noblesse à cette date, il est impératif de substituer le folklore par l’action concrète. Plutôt que des défilés de mode improvisés, le 08 mars devrait être l’occasion d’organiser des conférences et des débats de haut niveau pour évaluer les avancées juridiques et dénoncer les pesanteurs sociales qui freinent encore l’épanouissement féminin. La célébration véritable passerait par des ateliers de mentorat, où les femmes d’expérience guideraient les plus jeunes vers l’autonomie, ou encore par des sessions de consultations gratuites offrant des dépistages de santé et des conseils juridiques aux plus vulnérables. En somme, c’est par des plénières de réflexion sur la charge mentale et l’équilibre entre vie professionnelle et familiale que nous honorerons vraiment la femme. En sortant de la célébration cosmétique pour embrasser une commémoration intellectuelle et sociale, nous cesserons enfin de trahir l’histoire pour construire, ensemble, une société plus juste et équilibrée.
















