La décision de la Cour de justice de l’UEMOA déclarant illégales les sanctions économiques et financières imposées au Mali en 2022 continue de susciter des réactions dans les cercles intellectuels et politiques ouest-africains. Parmi elles, celle de l’économiste togolais Prof. Kako Nubukpo, ancien ministre et ancien commissaire de l’UEMOA, se distingue par sa portée critique et rétrospective.
Dans une publication diffusée sur LinkedIn, Kako Nubukpo rappelle avoir dénoncé, dès janvier 2022, des mesures qu’il jugeait contraires aux textes communautaires. « Ces sanctions violaient les textes mêmes de l’UEMOA et de sa banque centrale, la BCEAO », écrit-il, estimant qu’une union économique et monétaire ne saurait instrumentaliser ses leviers financiers à des fins politiques sans en payer le prix institutionnel.
Pour l’économiste, l’arrêt rendu quatre ans plus tard par la Cour vient confirmer une dérive qu’il qualifie implicitement de dangereuse pour la crédibilité de l’Union. « Une union économique et monétaire qui aspire à la prospérité durable de ses citoyens ne devrait pas utiliser sa banque centrale comme un instrument de règlements de comptes politiques », souligne-t-il, évoquant un risque d’affaiblissement de l’indépendance et de la légitimité de la BCEAO.
S’il regrette l’absence de rétroactivité de la décision – « on ne peut pas réanimer les morts », écrit-il – Kako Nubukpo insiste sur la portée symbolique et politique du jugement. Il salue également les pays qui, selon lui, avaient refusé d’appliquer ces sanctions, citant explicitement le Burkina Faso et le Togo.
« L’histoire parle avec calme », conclut-il, voyant dans cette décision judiciaire une illustration de sa conviction : « l’injustice peut gagner du temps, mais elle ne dure jamais ».
avec icilome
















