Par Rodrigue Ahégo
La Voix des Sans Voix
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Après avoir suivi une séquence vidéo tournée à l’arrivée des différents chefs d’Etat à Adis-abeba, lors du dernier sommet de l’Union Africaine, une question a poussé ma curiosité : avec ce genre et cette qualité de chefs d’État, comment l’Union Africaine peut-elle respecter ses propres textes ? Cette question me plonge dans une réflexion sérieuse dédiée à l’autopsie clinique de nos gouvernances.
En traversant le continent, de Lomé à d’autres capitales, le constat est sans appel : nous assistons à une sophistication de la dictature où la loi n’est plus l’expression de la volonté générale, mais une arme de capture du pouvoir. Le peuple togolais par exemple, se retrouve aujourd’hui pris en étau, ne se reconnaissant ni dans ce régime dictatorial qui sévit de père en fils, ni dans la fameuse histoire de régime dit « parlementaire », ni dans une quelconque « Cinquième République ». Cette manœuvre n’est qu’un voile pudique jeté sur une volonté de s’éterniser, transformant la souveraineté populaire en un lointain souvenir.
Une pathologie du pouvoir : entre héritage et ruse juridique
L’autopsie des chefs d’État africains révèle une typologie inquiétante de régimes. D’un côté, des démocraties de façade qui organisent des simulacres électoraux pour s’offrir une respectabilité internationale ; de l’autre, des dynasties républicaines où l’État devient un patrimoine familial. Le cas du Togo est emblématique : le passage à un régime parlementaire en 2024 n’est pas une quête d’efficacité, mais un verrouillage institutionnel. En supprimant l’élection présidentielle au suffrage universel direct, on retire au citoyen son seul levier de sanction, confiant les clés de la nation à une chambre acquise. C’est une « Cinquième République » née sans le peuple et contre le peuple.
L’Union Africaine : un géant aux pieds liés par ses propres membres
Pourquoi l’Union Africaine (UA) reste-t-elle aphone face à de telles métamorphoses ? Sa Charte sur la démocratie, les élections et la gouvernance est pourtant claire, mais son application se heurte au « syndicat des chefs d’État ». Le principe de non-ingérence sert trop souvent de bouclier aux despotes, tandis que la distinction floue entre coup d’État militaire, coup d’État électoral, coup d’État institutionnel et « coup d’État constitutionnel » permet toutes les dérives. Lorsqu’un régime modifie les règles du jeu en plein match ou en fin de partie pour réinitialiser ses mandats ou changer de système de gouvernement sans référendum, il viole l’esprit même de l’alternance.
Un assainissement rigoureux du continent s’impose
Il est impératif que l’Union Africaine sorte de sa diplomatie de salon pour devenir l’UA des Peuples. L’assainissement du continent passe par des actes forts à savoir :
– la criminalisation des révisions constitutionnelles opportunistes. Tout changement de Constitution visant à prolonger un pouvoir, à changer de statut tout en conservant tous les pouvoirs ou à modifier le mode de scrutin en fin de mandat doit être qualifié de changement anticonstitutionnel conformément aux dispositions de l’article 23 de la Charte Africaine sur la gouvernance, les élections et la démocratie et entraîner des sanctions immédiates conformément aux dispositions de l’article 25 de la même Charte ;
– la validation populaire obligatoire. Aucune nouvelle République ou changement de régime ne devrait être reconnu par l’UA sans un référendum libre, transparent et audité par des instances indépendantes;
– l’indépendance de la Justice Africaine. Permettre aux citoyens et aux défenseurs des droits de l’homme, les « Voix des Sans Voix », de saisir directement la Cour Africaine de justice sans l’autorisation préalable de leurs gouvernements respectifs.
Ce n’est qu’à ce prix que l’Union Africaine pourra mettre fin aux dérives autoritaires du syndicat des chefs d’État voyous qui défient les normes et standards, les valeurs et principes, les règles communes librement adoptées et ratifiées.
Seule la nature juge, et son jugement est sans appel. Mais en attendant, la vérité doit être dite : une démocratie sans peuple n’est qu’un théâtre d’ombres.
L’Afrique ne se relèvera que lorsque ses institutions cesseront de servir des individus pour se mettre au service de la justice et du bien commun.














