Au Togo, le dossier des treize détenus politiques arrêtés lors des tensions de 2019 continue d’alimenter les débats sur l’État de droit et l’indépendance de la justice. Malgré plusieurs décisions judiciaires en leur faveur, ces derniers demeurent incarcérés à la prison civile de Lomé, suscitant incompréhension et indignation au sein de l’opinion publique et des organisations de la société civile.
Interpellés dans le contexte du dialogue politique initié sous l’égide de la CEDEAO pour apaiser la crise sociopolitique, ces détenus ont, au fil des années, bénéficié de décisions judiciaires ordonnant leur libération. En 2023 déjà, la Cour de justice de la CEDEAO avait statué en leur faveur. Plus récemment, le 18 février 2026, la Cour d’appel de Lomé a également exigé leur remise en liberté.
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Cependant, en dépit de ces décisions concordantes, leur détention se poursuit. Une situation que dénoncent vigoureusement plusieurs organisations de défense des droits humains. L’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO), dirigée par Kao Atcholi, parle ouvertement d’une dérive grave. Sur les réseaux sociaux, l’organisation évoque une possible « prise d’otage d’État », s’interrogeant sur les raisons du maintien en détention de ces prisonniers malgré les injonctions judiciaires.
Pour de nombreux observateurs, cette affaire met en lumière un dysfonctionnement profond des institutions. Le non-respect des décisions de justice est perçu comme le signe d’une influence persistante du pouvoir exécutif sur l’appareil judiciaire, remettant en cause le principe de séparation des pouvoirs. Une telle situation fragilise davantage la confiance des citoyens envers le système judiciaire togolais.
Au-delà du cas spécifique de ces treize détenus, c’est toute la crédibilité de l’État de droit qui est en jeu. Les organisations de la société civile appellent ainsi les autorités à se conformer aux décisions rendues par les juridictions nationales et communautaires, dans le respect des engagements internationaux du pays.
Alors que le temps passe, une question demeure entière : combien de temps encore ces détenus devront-ils rester en prison avant que les décisions de justice ne soient effectivement appliquées ?
















