La grâce accordée à 1 511 prisonniers au Togo, annoncée mercredi à l’issue du Conseil des ministres, continue de produire des effets concrets sur le terrain. Depuis le 31 décembre 2025, des détenus quittent progressivement les établissements pénitentiaires du pays, retrouvant leurs familles après parfois de longues années de détention.
Parmi les bénéficiaires figurent également des prisonniers politiques, dont la libération était vivement réclamée par la société civile togolaise et plusieurs organisations de défense des droits humains.
Cette décision s’inscrit dans la droite ligne des engagements pris par Faure Gnassingbé, président du Conseil des ministres, lors de son discours de vœux du Nouvel An. Le chef de l’exécutif avait alors promis des actes de grâce et de clémence à l’endroit de certaines catégories de détenus.
Selon les autorités, les bénéficiaires sont principalement des personnes condamnées pour des infractions mineures, des détenus âgés arrivant en fin de peine, des prisonniers gravement malades, ainsi que des condamnés à de lourdes peines ayant déjà purgé une part significative de leur sentence.
Les premières libérations ont été enregistrées dès la soirée du 31 décembre, et le processus se poursuit de manière progressive sur l’ensemble du territoire national.
Cette dynamique est suivie de près par les organisations de la société civile. Dans une réaction publiée sur le réseau social X (ex-Twitter), Kao Atcholi, président de ASVITTO, estime que la décision constitue un premier signal positif, tout en appelant les autorités à approfondir le processus.
« Après ses discours et ses promesses de libérer les prisonniers et de respecter les engagements internationaux, le chef de l’État a marqué un début d’exécution ce 31 décembre 2025 avec la libération d’au moins 70 prisonniers politiques », écrit-il.
L’ASVITTO parle d’un « commencement de sagesse », mais exhorte le pouvoir à procéder à la libération de tous les détenus politiques encore incarcérés.
L’organisation cite notamment Kpatcha Gnassingbé, Jean Paul Omolou, des militants de la C14, des personnes impliquées dans l’affaire dite du « tigre révolution », ainsi que l’ancienne ministre Marguerite Gnakadé.
« Certaines familles ont retrouvé la joie hier, d’autres attendent impatiemment de rentrer dans cette joie aujourd’hui et la fête sera belle dans tout le pays », poursuit Kao Atcholi, avant d’adresser ses vœux pour l’année 2026, appelant à ce que « la grâce de Dieu touche le cœur qu’il faut ».
Si la vague actuelle de libérations est largement perçue comme un signal d’apaisement, la société civile togolaise reste toutefois vigilante. Pour elle, la crédibilité des engagements annoncés par les autorités dépendra de la poursuite du processus et de sa mise en œuvre complète, inclusive et transparente dans les semaines à venir.
Togoactualité













