Au Togo, l’annonce de la libération de 1 511 détenus, faite mercredi par le Conseil des ministres, commence à se traduire concrètement sur le terrain. Depuis le 31 décembre, plusieurs prisonniers ont recouvré la liberté et retrouvé leurs familles, à la faveur des mesures de grâce et de clémence annoncées la veille par Faure Gnassingbé, président du Conseil, dans son discours de vœux du Nouvel An.
Selon les informations officielles, cette mesure exceptionnelle concerne principalement des personnes condamnées pour des délits mineurs, des détenus âgés arrivés en fin de peine, des prisonniers gravement malades ainsi que ceux ayant déjà purgé une large partie de leur condamnation. Elle inclut également des détenus considérés comme des prisonniers politiques, incarcérés pour leurs prises de position critiques à l’égard des autorités togolaises.
Les premières libérations sont intervenues dès la soirée du mercredi 31 décembre. Le processus se poursuit de manière progressive, permettant aux bénéficiaires de rejoindre leurs proches au fil des jours.
Cette décision a été favorablement accueillie par Amnesty International Togo. Réagissant à l’annonce présidentielle, son directeur exécutif, Aimé ADI, a qualifié la mesure de « bonne nouvelle » et d’« étape importante pour la mise en œuvre des engagements du Togo en matière de droits humains ». Il a notamment fait référence aux obligations du pays dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) et d’autres mécanismes internationaux de protection des droits fondamentaux.
« Cette décision est d’autant plus importante qu’elle prend en compte plusieurs activistes détenus pour leurs prises de position critiques envers les autorités », a-t-il souligné, y voyant un signal encourageant en faveur des libertés publiques.
Toutefois, Amnesty International Togo appelle à aller au-delà de cette grâce collective. L’organisation exhorte les autorités à engager des réformes structurelles durables, en particulier pour faire face à la surpopulation carcérale, un problème récurrent dans les établissements pénitentiaires du pays.
Si cette vague de libérations constitue un geste fort en ce début d’année 2026, elle relance également le débat sur la nécessité de réformes profondes et pérennes en matière de droits humains et d’amélioration des conditions de détention au Togo.













