Les scandales à l’office Togolais des Recettes (OTR) se multiplient, la situation doit interpeller les institutions nationales et régionales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Deux agents identifiées et « intimement liées » à l’ex Commissaire Général de cette régie, Philippe Kokou TCHODIE, effectuent régulièrement pour leur propre compte et sans justificatif d’origine, des dépôts en espèces de plusieurs centaines de millions de francs CFA auprès des compagnies d’assurance au Togo chaque mois.
L’Office Togolais des Recettes (OTR) est à moins de quinze (15) années d’existence. Pourtant, cette régie financière censée améliorer la perception des recettes fiscales pour contribuer au développement du Togo, est devenue une « vache à lait » pour une minorité, constituée autour du noyau qu’est Philippe Kokou TCHODIE, Commissaire Général récemment limogé.
Deux chambres salon meublés et climatisés avec cuisine
Découvre cette offre exceptionnelle de deux chambres, un salon meublé et climatisé avec cuisine, WC douche interne inclus situé à Adigogomé Yokoè Carrefour Kopégan non loin de la frontière TOGO-GHANA
Le scandale financier actuel est lié à deux des électrons qui gravitent autour de cette sulfureuse personnalité, notamment dame DONKO Bileyo et dame KLOUVI FOLIGAN Dédégan, toutes les deux agents à la Direction du renseignement et de lutte contre la fraude. Beaucoup d’autres personnes dans cette régie financière sont liées par ce scandale, mais concentrons-nous d’abord sur ces deux dames, très très intimes à l’ex-commissaire général.

Il s’agit de révélations qui viennent d’une part étayer les suspicions de prévarication pesant sur certains agents de l’OTR et d’autre part corroborer les infractions de blanchiment de capitaux illicites dont ceux-ci sont auteurs.
En effet, la situation de ces deux femmes est caractérisée par deux éléments qui les unissent. D’abord, elles sont des compagnes de M. TCHODIE Kokou Philippe et à ce titre, elles confondent régulièrement leurs locaux de l’OTR à leurs salons privés et y jouent les « toutes puissantes ».
Cela affecte évidemment l’efficacité de cette administration publique. Ensuite, ces femmes ont souscrit auprès des compagnies d’assurance du Togo des produits et effectuent des dépôts de sommes faramineuses en espèces sur les comptes ouverts à cet effet. De ce fait, elles ont trouvé un moyen pour « sécuriser juridiquement » les fonds détournés des caisses de l’OTR et en jouir personnellement ou faire jouir leurs descendants.
Alors qu’elle est en charge de la Direction du renseignement, un poste dont le salaire mensuel ne dépasse pas 1.500.000 F CFA, Dame DONKO Bileyo a effectué auprès de NSIA ASSURANCE pour le compte du produit « NSIA Prestige Rubi » dont elle est souscriptrice, un dépôt en espèces d’un montant de 100 millions de francs CFA le 04 mars 2026.
Bien avant, au cours du mois de décembre 2025 (il y a moins de 3 mois), elle aurait déposé en espèce une somme de 500 millions de francs CFA. Les bénéficiaires désignés sont ces enfants dont 3 issus de sa relation avec l’ex patron de l’OTR.
Pour sa part, Dame KLOUVI FOLIGAN Dédégan, inspectrice des douanes et receveur à la Direction du renseignement et de lutte contre la fraude, a procédé au versement auprès de la même compagnie, d’abord le 10 février 2026 d’une somme en espèce de 60 millions F CFA, ensuite le 06 mars 2026 en espèce 30 millions pour le compte du produit « NSIA Prestige Diamant ».

De manière factuelle, ces deux agents de l’OTR en poste à la Direction du renseignement et de lutte contre la fraude, ont réalisé un dépôt de plus d’un demi-milliard en moins de 3 mois dans les comptes de NSIA ASSURANCE VIE. Et de plusieurs autres sources financières, des sommes bien plus importantes font l’objet de dépôts dans les comptes de SUNU ASSURANCE pour des produits similaires souscrits par celles-ci.
Au regard de ces faits, l’une des principales interrogations est comment des agents d’une régie fiscale avec à peine dix (10) ans de carrière sont-elles arrivées à accumuler autant de richesses ?
Car il faut noter qu’en dehors des dépôts faramineux ci-dessus indiqués, DONKO Bileyo et KLOUVI FOLIGAN Dédégan auraient des propriétés immobilières à l’étranger, notamment en Europe et aux Etats-Unis.
Les investigations ont d’ailleurs conduit à un appartement à Kansas City dans le Missouri (Etats-Unis), propriété de KLOUVI FOLIGAN Dédégan, lequel constitue sa résidence.
Est-ce que ces deux agents de l’OTR en charge de la lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent exercent-elles consciencieusement leurs missions ? Ou au contraire, elles se font payer grassement par des trafiquants et des criminels en échange de leur silence sur les cas de fraude ?

En dehors de l’interrogation sur la manière dont les deux agents dont il est question, ont pu accumuler autant de richesses, les opérations de dépôts de « montants élevés » en espèces auprès de compagnies d’assurances conduisent à d’autres inquiétudes liées aux infractions de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
Au terme de la loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive dans les Etats membres de l’UMOA, les institutions financières comme les banques et les assurances sont tenues de faire des déclarations d’opérations suspectes (DOS) à la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF).
La suspicion dans l’opération provient généralement de l’inadéquation entre les revenus du déposant (facilement identifiable à partir de son salaire ou chiffre d’affaires pour les commerçants) et le dépôt effectué.
Alors dans le cas des Dames DONKO et KLOUVI FOLIGAN, on est en droit de conclure que le dépôt en un ou deux temps de 600 millions pour l’une et 90 millions pour l’autre, devrait interpeller la compagnie d’assurance sur une éventuelle opération suspecte.
Est-ce que NSIA ASSURANCE et les autres compagnies d’assurance ont saisi la CENTIF du Togo de DOS liées aux dépôts de ces deux agents de l’OTR ? Rien n’est moins sûr.
Par ailleurs, la Décision N°21 du 21 décembre 2023 de l’UMOA met à la charge des institutions financières une obligation de déclaration systématique à la CENTIF de toute opération en espèces d’un montant supérieur ou égal à 15 millions.
Il faut croire que toutes ces dispositions légales et réglementaires ont été allègrement violées dans le cadre des transactions financières opérées par Dames DONKO et KLOUVI FOLIGAN.

Au même moment, le régime Rpt/Unir dont le compagnon des ces dames, TCHODIE Kokou Philippe est membre, font du tintamarre sur la lutte contre le terrorisme.
Dans les pays où la bonne gouvernance est de mise, le simple fait que des fonctionnaires puissent disposer de tels montants devraient interpeler les dirigeants. Mais au Togo, l’impunité et la corruption ayant atteint tous les niveaux, les institutions comme la HAPLUCIA, la CENTIF s’emploient à organiser des séminaires et des colloques au lieu d’exercer la mission qui la leur.
La justice togolaise, particulièrement le ministère public, est moins réactive face à ces dossiers de crimes financiers que ceux de jeunes manifestants réclamant un mieux vivre.
Il faut noter que ces révélations sur ces transactions financières de ces deux agents de l’OTR et intimes de l’ex Commissaire Général de la régie, lesquelles transactions défiant les lois et règlements de l’UMOA, ne sont qu’une partie infime de la réalité des crimes financiers commis au sein de l’administration publique togolaise.
Combien sont-elles (ou sont-ils) encore à l’OTR à disposer de centaines de millions de francs CFA sur des comptes bancaires ou des produits d’assurances en complicité avec ces institutions financières ?
Et si les dames DONKO et KLOUVI FOLIGAN peuvent aisément mettre plus d’un demi-milliard en espèces sur des produits d’assurance, alors qu’en serait-il de leur « compagnon », ex Commissaire Général, Philippe Kokou TCHODIE?
Kossi Lamba
Source: Lalternative.info















