Quelle est la situation économique réelle de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) à ce jour ? Bien malin qui pourra répondre à cette question. Ce dont les consommateurs sont certains, ce sont les coupures sauvages et intempestives auxquelles ils sont soumis. Or cette société ne devrait pas avoir de dettes si l’orthodoxie financière était de règle, surtout envers certaines entreprises qui sont qualifiées de gros consommateurs.
Les grincements de dents sont légion au Togo depuis quelque temps. Entrepreneurs, commerçants, simples citoyens, toutes les couches sociales pâtissent des coupures sauvages. Malheureusement, la CEET ne communique pas vraiment sur les réelles raisons de cette situation insoutenable.
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La commission de régulation de l’électricité au Nigeria (NERC) a affirmé qu’ensemble avec le Benin et le Niger, le Togo cumule une dette de 17,8 millions de dollars. Soit un peu plus de 10 milliards FCFA.
En mai 2025, republicoftogo.com, un site proche du gouvernement, renseigne qu’il n’y a pas eu de révision des tarifs « qui sont restés figés à 102 FCFA/kWh depuis 2011, alors que le coût moyen de production a grimpé à 145 FCFA/kWh en 2024 ». Cependant, le rapport de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARSE) a affirmé dans son rapport 2023 que le tarif d’achat du kWH est de 119,50 FCFA.
Pour redresser la barre, republicoftogo.com a énuméré des ajustements ciblés comme un maintien de subvention de 30% à 1,5 million de consommateurs, au motif que ce sont des consommateurs à faibles revenus. « Les ménages aux revenus moyens subiront un ajustement limité. Les gros consommateurs, notamment industriels, contribueront davantage, dans une logique de partage des efforts sans compromettre leur compétitivité ». Justement.
Dans le rapport ITIE de 2023, il est rendu public le tarif préférentiel auquel le kWh est revendu aux trois plus gros consommateurs qui utilisent plus de 10% du total du courant consommé au Togo : 71 FCFA au lieu de 119,50 FCFA au profit de WACEM, SCANTOGO mines et SNPT. Et le rapport a publié une estimation de la valeur desdits tarifs préférentiels, soit…9,987 milliards FCFA rien qu’en 2023 !
En considérant les années depuis lesquelles ces trois sociétés bénéficient desdits tarifs préférentiels d’une part, et le silence des autorités sur cette pratique, on comprend que la fin de l’endettement bizarre de la CEET n’est pas pour demain. Corrélativement, il devient aisé d’estimer le manque à gagner du fait de ces trois sociétés.
« De 2020 à 2025, l’Etat a débloqué plus de 56 milliards FCFA pour soutenir l’approvisionnement et couvrir partiellement les dettes de la compagnie. Un financement supplémentaire de 40 milliards FCFA a également été facilité par une garantie d’Etat auprès de la BOAD », écrit encore le site gouvernemental. Mais jamais les consommateurs n’ont eu droit à la publication de rapport d’audit de gestion sur cette société, histoire de prendre à témoin le citoyen.
Par rapport au tarif réel selon le rapport de l’ARSE, l’Etat consent plus de 48 FCFA sur le prix réel, ce qui constitue plus de 40,58% de réduction en faveur des trois plus gros consommateurs ; pendant que le pauvre citoyen n’a droit qu’à 30% de réduction. Depuis quand ces entreprises bénéficient-elles de tarifs préférentiels aux dépens des consommateurs normaux ? Les différentes conventions d’investissement éclaireront chacun.
Au Togo, il ne fait plus bon de voir le ciel s’assombrir ; dans les minutes qui suivent une vraie pluie, un délestage tombe presque toujours du ciel pour noircir le quotidien du citoyen. Et personne n’a jamais expliqué cet état de chose. Parce que l’argument de possibles court-circuit tien difficilement, puisqu’ailleurs dans d’autres pays, une grande pluie n’est pas synonyme de délestage.
Sont-ce les dettes qui plombent la livraison continue du courant ? Ou bien des pannes à n’en plus finir ? Ou encore la capacité insuffisante des installations togolaises ? Seul un rapport de gestion pourra situer chacun.
Godson K.
Source: Libertetogo.tg














