Dans une déclaration rendue publique, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), le LDP et le front « Touche Pas à Ma Constitution » accusent le pouvoir de préparer un stratagème politique inspiré de la crise de 2005 pour redonner une légitimité à Faure Gnassingbé. Les signataires appellent les Togolais à une mobilisation générale pour exiger la libération des détenus politiques, le retour des exilés et l’ouverture d’une transition politique.
2005 NE SE REPRODUIRA PLUS JAMAIS – LE PEUPLE TOGOLAIS NE SE LAISSERA PAS FAIRE
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Le Contexte
Faure Gnassingbé est sous pression depuis que les Togolais se dressent vigoureusement contre le remplacement de la Constitution et contre la Vème République. Il avait fait adopter la nouvelle Constitution en avril 2024 par des députés maintenus en place, alors que leur mandat était échu. Une adoption faite sans consultation populaire. L’objectif de ce nouveau coup d’Etat était clair : supprimer l’élection présidentielle au suffrage universel direct, après avoir fait 4 mandats. Eviter ainsi le principe d’un 5e mandat, tout en restant au pouvoir à vie, sans se soumettre à une élection. Ce qui est à l’origine d’une crise institutionnelle et une forte pression politique.
Nous observons qu’à cette forte pression intérieure s’ajoute également une pression externe. Elle s’accompagne d’une certaine réticence des chefs d’Etat de la sous-région et de la communauté internationale à maintenir à Faure Gnassingbé la considération et le rang protocolaire dont il jouissait lorsqu’il était le président de la République et le chef de l’Etat « élu ».
Cette espèce de mise au ban par ses pairs est la conséquence directe de sa manipulation de la Constitution. Non seulement il n’est plus chef d’Etat, mais il n’a surtout plus aucune légitimité populaire aux yeux du monde, ce qui lui fait perdre à l’extérieur les considérations et les prestiges qui viennent avec ce statut.
Cet embarras à l’international est aussi le résultat du froid qui s’installe entre Faure Gnassingbé et ses pairs, particulièrement ceux de la sous-région. D’une manière générale, les chefs d’Etat n’ont pas apprécié au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) la livraison aux autorités burkinabè de l’ancien chef d’Etat du Burkina Faso, Paul Henri Dambia, dans des conditions très contestables. Le Togo avait pourtant délibérément accepté de l’accueillir dans sa fuite. Cet embarras est aussi la conséquence du positionnement ambigu du Togo entre, d’un côté, la CEDEAO, et de l’autre, l’Alliance des Etats du Sal (AES).
Faure Gnassingbé cherche donc une solution pour redorer son blason à l’international, afin de retrouver la bienveillance dont il bénéficiait. Pour sortir du désordre institutionnel dans lequel il patauge, Faure Gnassingbé envisage alors de répéter le vieux scénario de 2005.
De quoi s’agit-il ?
Après le décès de son père, Gnassingbé Eyadéma, lorsque Faure Gnassingbé a pris la succession par un coup d’Etat militaire, il a été confronté à une levée de bouclier des Togolais et à la pression de l’international. Il a alors mis en place un stratagème pour sortir de cette situation.
Faure Gnassingbé a commencé par quitter le pouvoir en mettant un homme de paille comme président intérimaire, en violation de la Constitution en vigueur. Ensuite, il a organisé une élection calamiteuse et s’est octroyé la victoire, afin de se donner une légitimité frauduleuse. Ce scénario a provoqué plus d’un
millier de morts dans la crise post-électorale. La CEDEAO et la communauté ont fermé les yeux sur cette entourloupe politique et ce massacre.
Aujourd’hui Faure Gnassingbé est aux abois et il pense que ce qui a fonctionné pour lui il y a plus de 20 ans, peut le sauver encore. Mais il se trompe lourdement.
Les informations qui nous parviennent avec insistance sont inquiétantes. Elles indiquent que le régime planifie de s’engager dans le stratagème suivant :
· lancer un dialogue avec des acteurs choisis dans l’opposition, afin d’entériner les décisions déjà prises dans le stratagème conçu par le pouvoir, au sein du Cadre Permanent de Concertation (CPC) ou dans un autre cadre ;
· annoncer que le dialogue a décidé d’une révision de la Constitution qui exigera que le président du conseil soit un député, une manière de faire croire que le pouvoir est à l’écoute de son opposition et a assoupli sa position ;
· faire adopter cette révision constitutionnelle par les députés ;
· dissoudre l’Assemblée nationale et organiser des élections législatives frauduleuses ;
· faire de Faure Gnassingbé un député, puis président du conseil des ministres ;
· il pourra alors se prévaloir à l’international d’une légitimité populaire frauduleuse ;
· le chef de l’Exécutif prendra le titre de président du conseil de la République.
Pour préparer la mise en œuvre de ce scénario machiavélique, une campagne est lancée. La diplomatie est déjà en œuvre et les universitaires sont en mission pour présenter la Constitution de leur Vème République comme une innovation renforçant la démocratie avec des « richesses insoupçonnées. »
Parallèlement, les discussions d’intérêts partisans sont en cours au CPC. Un organe mis en place en 2022, après la spoliation de la victoire d’Agbéyomé Kodjo à l’élection présidentielle de 2020, pour traiter les questions électorales. Les disputes portent essentiellement sur la répartition des places au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). La belle affaire pour certains. Pourquoi mettre en place présentement une nouvelle CENI, alors qu’il n’y a pas d’élection avant 4 ans, en principe.
Aux partis présents au CPC, le pouvoir envisage d’ajouter d’autres acteurs de l’opposition et de la société civile pour renforcer l’assiette de ce dialogue de dupes, avec une illusion de large consensus.
Mais le régime oublie que les Togolais ont changé en deux décennies. La jeunesse actuelle n’est pas celle de 2005, et elle n’est pas prête à accepter que son avenir soit hypothéqué sous une dictature. Elle ne se laissera pas faire.
Appel patriotique
Nous lançons un appel patriotique à toutes les Togolaises et à tous les Togolais pour une mobilisation générale, afin d’exiger :
1. la libération de tous les détenus politiques. Les jeunes libérés récemment sont malades, traumatisés, sans emploi, chassés de leur domicile par les propriétaires. C’est inacceptable. Tous les détenus politiques ont droit à une réparation des préjudices subis ;
2. le retour de tous les exilés ;
1. la fin de la dictature ;
2. d’aboutir à une transition politique pour refonder la Nation ;
3. d’avoir une transition qui relance la dynamique de la cohésion nationale et du vivre-ensemble harmonieux ;
4. d’avoir une transition qui remette le Togo sur les rails des libertés et de la démocratie ;
5. d’avoir un Togo qui respecte et protège tous ses citoyens ;
6. d’avoir un Togo qui offre les mêmes opportunités à toutes ses filles et tous ses fils, sans exclusion ;
7. d’avoir un Togo bien intégré dans l’organisation communautaire pour défendre la CEDEAO des peuples ;
8. d’avoir un Togo qui respecte ses engagements internationaux.
Pour y arriver, il faut un sursaut citoyen
Nous devons organiser un mouvement d’ensemble pour terminer la lutte réactivée le 19 août 2017 par le PNP, portée par la C14 avec les grandes manifestations, après les mobilisations du CST en 2012.
En relançant ensemble la dynamique amorcée le 6 juin 2025 par le M66.
En faisant travailler ensemble, toutes les forces politiques et de la société civile sur le terrain et celles dans la diaspora.
C’est pourquoi nous, signataires de cette déclaration adressons cet appel solennel à toutes les Togolaises et à tous les Togolais de rester vigilants, et surtout de rester à l’écoute des mots d’ordre qui seront lancés dans très peu de temps pour des actions conjointes à nos organisations, et à toutes les forces restées loyales à la lutte, tant sur le terrain que dans la diaspora.
« Un peuple qui reste silencieux devant l’injustice est complice de sa propre servitude. Aujourd’hui, refusons d’être complices. »
Pour la DMK – ORIGINALE Dynamique Monseigneur Kpodzro
Thomas Kokou NSOUKPOE
Superviseur Général
Pour la DMP, Dynamique pour la Majorité du Peuple
Sambiri TARGONE
Coordonnateur
Pour le LDP, Lumière pour le Développement dans la Paix
Tchagnaou OURO-AKPO
Président
Pour le front « Touche Pas A Ma Constitution »
Nathaniel OLYMPIO
Premier Porte-Parole
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