Non, professeur Adama KPODAR, il n’y a pas de « richesses insoupçonnées » dans la Constitution que Faure Gnassingbé tente désespérément d’imposer aux Togolais. En affirmant cela dans une revue universitaire internationale, vous ne rendez pas service au peuple togolais. Vous n’assumez pas votre rôle d’élite qui guide, au contraire vous contribuez à la construction d’un mythe.
Je dénonce cette manipulation, parce que les Togolais n’y adhèrent pas.
Vous avez publié en Février 2026, « Les originalités insoupçonnées de la Vème République Togolaise » dans Afrilex, une revue d’étude et de recherche sur le droit et l’administration dans les pays d’Afrique. C’est à l’évidence un exercice pour polir l’image de Faure Gnassingbé à l’international, sachant qu’à l’étranger, peu connaissent les réalités de la politique togolaise.
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Pendant des mois, les Togolais ont suivi avec effarement votre activisme à défendre ce projet avec un engagement incompréhensible. Vous persistez à défendre ce qui est à l’évidence condamnable et que la grande majorité des Togolais continue de rejeter avec vigueur.
Vous faites preuve de mauvaise foi intellectuelle caractérisée, quand vous décortiquez la Constitution de la Vème République, sans contextualiser votre analyse. Volontairement, vous ne donnez pas aux lecteurs les clefs de compréhension ni du contexte politique ni des conséquences sur la société togolaise dans son ensemble.
Avant de vous étaler dans l’admiration de cette Constitution, à minima, vous auriez pu rappeler dans votre papier que :
- la nouvelle Constitution a été votée par des députés maintenus en place, alors que leur mandat est échu plusieurs mois plus tôt (c’était à la base une proposition de loi, donc l’Assemblée nationale en est l’initiatrice, ce qui est encore plus grave en raison de l’échéance dépassée du mandat des députés qui la composaient à l’époque) ;
- l’instigateur principal du projet était le chef d’Etat en exercice et qu’il avait déjà effectué 20 ans au pouvoir, suite à un coup d’Etat, succédant à son père qui avait dirigé le Togo durant 38 ans ;
- l’instigateur principal est le premier bénéficiaire du nouveau pouvoir exécutif, sans limitation de temps et aux prérogatives « jupitériennes », selon votre propre expression ;
- la nouvelle Constitution a été adoptée, sans consultation du peuple, contrairement aux dispositions de la Constitution remplacée ;
- en l’état politique actuel, aucune élection ne peut modifier la majorité parlementaire ;
- en l’état politique actuel, Faure Gnassingbé demeure le maitre absolu du parti dit majoritaire, il a donc la garantie d’une présidence à vie ;
- la nouvelle Constitution continue d’être contestée par les Togolais, tout comme la gouvernance de Faure Gnassingbé depuis deux décennies.
Dans un tel contexte, pourriez-vous affirmer qu’il s’agit d’une réforme constitutionnelle consolidante ?
Comme des princes déchus, vous et d’autres universitaires, Dodzi KOKOROKO, Kossivi HOUNAKE, que vous avez cités en référence dans votre publication, avez mis votre savoir et votre compétence au service d’une aventure politique qui méprise vos concitoyens. Cela ne fait honneur ni à vos rangs d’universitaires ni à votre statut d’enseignants formés avec l’argent des Togolais.
Quel message adressez-vous ainsi à vos étudiants et à la jeunesse togolaise dans son ensemble ?
Vous pouvez défendre l’ingéniosité d’un régime politique inventé par Faure Gnassingbé, c’est votre droit, comme vous le faites si bien dans votre publication avec cet extrait :
« Inspiré indéniablement du régime parlementaire à la britannique, il comporte des richesses insoupçonnées en matière d’emprunt et de rejets, de novations, faisant de lui un ‘’impensé constitutionnel’’ qui est en même temps son originalité. »
Vous reconnaissez qu’il s’agit « d’un régime atypique, un modèle de genre nouveau qui entre malaisément dans la catégorie des régimes parlementaires classiques », en d’autres termes ce n’est pas un régime parlementaire. Malgré cela, avoir soutenu une démarche de remplacement d’une Constitution sans consultation du peuple, restera toujours une tâche dans votre parcours de professionnel du droit. Qu’en pensent vos pairs à l’international, et vos étudiants ?
Ils sont plusieurs élites intellectuelles à avoir failli dans leur mission d’éclairer et de guider la société togolaise. L’Histoire le retiendra.
Nathaniel Olympio














