Au Togo, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) appelle le gouvernement à aller au-delà de la récente libération partielle de prisonniers politiques. Dans un communiqué publié le 8 janvier 2026, le principal parti d’opposition réclame une indemnisation financière et une prise en charge médicale complète pour l’ensemble des détenus politiques, dénonçant des détentions prolongées, arbitraires et aux conséquences humaines lourdes.
L’ANC dit prendre acte de la libération de plusieurs prisonniers détenus dans les centres de détention du régime RPT/UNIR. Le parti exprime sa solidarité envers ces anciens détenus, qualifiés de « combattants de la liberté et de la démocratie », qui retrouvent leurs familles après parfois plusieurs années de privation de liberté. Toutefois, pour l’opposition, cette mesure demeure largement insuffisante.
Selon le communiqué, la majorité des prisonniers récemment libérés ont passé de longues années en détention sans jugement, dans des conditions particulièrement éprouvantes. L’ANC évoque notamment le cas d’une militante, mère de cinq enfants, arrêtée alors qu’elle avait un nourrisson, et restée incarcérée pendant six ans et trois mois sans chef d’accusation. D’autres détenus auraient cumulé jusqu’à huit années de détention, voire davantage.
Le parti estime que ces périodes d’incarcération ont laissé de profondes séquelles physiques et psychologiques. Il fait état de traumatismes liés à la privation prolongée de liberté, à l’isolement carcéral, ainsi qu’à des actes de torture, de violences, de harcèlement et d’humiliations. Autant d’éléments qui, selon l’ANC, imposent une réparation de la part de l’État.
« La libération ne suffit pas », insiste l’ANC, qui exige une prise en charge médicale intégrale pour tous les détenus politiques, y compris ceux récemment libérés. Le parti réclame également l’abandon de toutes les charges qualifiées d’« injustes et injustifiées », ainsi que la levée du contrôle judiciaire toujours imposé à certains anciens prisonniers.
Mais c’est surtout la question de l’indemnisation qui constitue le cœur de la revendication. L’ANC demande « une indemnisation conséquente tenant compte du nombre d’années de détention », afin de permettre aux ex-détenus de se reconstruire et de se réinsérer socialement. Pour le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre, ces indemnisations représentent une réparation minimale face à des vies « brisées et sacrifiées ».
Une libération jugée sélective
L’opposition dénonce par ailleurs une « libération sélective » opérée par les autorités, alors que des organisations nationales et internationales de défense des droits humains, ainsi que des institutions telles que l’Organisation des Nations unies, la CEDEAO ou encore l’Union européenne, appellent régulièrement à la libération sans condition de tous les prisonniers d’opinion.
Enfin, l’ANC réaffirme sa solidarité avec les prisonniers politiques toujours détenus et rend hommage à ceux morts en détention pour leurs convictions. Le parti se dit déterminé à poursuivre la lutte aux côtés du peuple togolais pour « la construction d’un État de droit, le respect des libertés fondamentales et des principes démocratiques ».













