La tournée parlementaire de Kafui Adjamagbo-Johnson dans le nord du Togo a viré à l’incident politique majeur. Entre blocages administratifs, expulsion sous escorte militaire et menaces sécuritaires, la députée et secrétaire générale de la CDPA n’a pas pu mener à terme sa mission de contrôle de l’action gouvernementale.
Partie de Lomé avec sa délégation, Kafui Adjamagbo-Johnson avait engagé, selon ses collaborateurs, toutes les démarches administratives requises avant son déplacement dans la région des Savanes. Des correspondances avaient notamment été adressées dès le 4 mars au ministère de l’Administration territoriale ainsi qu’aux ministères sectoriels concernés.
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Mais à son arrivée à Dapaong le 19 mars 2026, la situation se complique. Après un premier contact manqué avec le préfet, une rencontre est finalement organisée le lendemain. Lors de cet échange, l’autorité préfectorale évoque l’absence d’instructions hiérarchiques et invoque l’état d’urgence sécuritaire pour exiger une autorisation préalable du ministère de la Défense.
Une exigence rejetée par la députée, qui rappelle que sa mission parlementaire ne saurait être soumise à une autorisation de l’exécutif.
Le refus de la députée entraîne une décision radicale : l’expulsion immédiate de la délégation hors de la région des Savanes.
Selon le récit fait par l’élue, l’opération s’est déroulée sous un impressionnant dispositif sécuritaire. Escortée par des forces de défense et de sécurité, la délégation est d’abord conduite à son lieu d’hébergement pour récupérer ses effets personnels, sous la surveillance d’unités armées, certaines cagoulées. Un hélicoptère survole alors la zone.
Le convoi est ensuite escorté hors de la région jusqu’à Naboulgou, avant que la délégation ne se replie vers Atakpamé dans la soirée du 20 mars.
La tournée devait se poursuivre à Kara les 23 et 24 mars. Là encore, des démarches administratives avaient été entreprises en amont.
Mais face à l’absence de coordination des autorités locales et au silence du préfet de la Kozah, joint à plusieurs reprises sans succès, la situation devient préoccupante. À cela s’ajoutent des appels anonymes menaçant explicitement la députée et sa délégation de ne pas se rendre à Kara.
Prenant ces menaces au sérieux, notamment au regard d’un précédent épisode de violences dont elle dit avoir été victime en 2024 à Lomé, Kafui Adjamagbo-Johnson décide finalement de mettre un terme à sa mission pour des raisons de sécurité.
De retour à Lomé, la députée a présenté cette séquence comme un test du fonctionnement institutionnel du pays. L’objectif, selon elle, était de vérifier la réalité d’un régime parlementaire capable de tolérer l’exercice du contrôle par les élus.
Conclusion : un test « négatif », qui, d’après l’opposante, illustre les limites du pluralisme politique dans certaines zones du pays.
Cet épisode relance ainsi le débat sur les conditions d’exercice du mandat parlementaire au Togo, en particulier dans les régions soumises à des contraintes sécuritaires, et pose la question de l’équilibre entre impératifs de sécurité et respect des prérogatives des élus.
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