Par Rodrigue Ahégo,
La Voix des Sans Voix
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Le paysage politique africain actuel ressemble de plus en plus à un champ de ruines démocratiques. Entre les mains de régimes de transition militaire au Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée, Tchad) et de pouvoirs civils à tendance hégémonique sur la côte ouest (Togo, Bénin), le multipartisme, jadis acquis de haute lutte dans les années 90, est en train de s’éteindre.
Pendant que la machine d’oppression broie les libertés publiques, un silence assourdissant émane des chancelleries internationales et des sièges de l’Union Africaine (UA) et de la CEDEAO. Un silence qui ne se rompt que lorsque le peuple, acculé, finit par briser ses chaînes.
Dans le Sahel, la dissolution des partis politiques est devenue une méthode de gouvernance sous couvert de « refondation nationale ». Plus au sud, sous des dehors institutionnels plus policés, l’opposition est réduite à une portion congrue, étouffée par des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales d’exclusion ou un harcèlement judiciaire systématique.
Pourtant, les textes sont là. La Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance qui n’est pourtant pas qu’une suggestion, mais plutôt un engagement. Hélas ! On assiste malheureusement à une démocratie à géométrie variable, à une politique de « deux poids, deux mesures », au paradoxe du « Sapeur-Pompier ».
C’est ici que réside l’hypocrisie majeure de la Communauté internationale et des organisations régionales :
– phase d’incubation : lorsque les libertés sont confisquées, que les opposants sont jetés en prison ou contraint à l’exil et que les partis politiques sont dissous, ces organisations se murent dans une « neutralité » diplomatique ou une « profonde préoccupation » sans effet.
– phase d’embrasement : dès que les populations, privées de recours légaux, descendent dans la rue ou que l’ordre établi vacille, ces mêmes institutions s’emparent du mégaphone pour invoquer le « respect de l’ordre constitutionnel » et appeler au calme.
On ne peut pas appeler au respect d’un ordre constitutionnel que l’on a regardé se vider de sa substance pendant des années. On ne peut pas demander au peuple d’être légaliste face à des régimes qui ne respectent pas la loi.
Il convient de passer du remède à la prévention. Il est temps que l’Union Africaine et la CEDEAO cessent de jouer aux sapeurs-pompiers sur des incendies qu’elles ont laissé couver. Leur silence actuel n’est pas de la diplomatie ; c’est une complicité qui alimente le désespoir des peuples et, par ricochet, l’instabilité qu’elles prétendent combattre.
Une fin de la complaisance s’impose. Que les violations des droits humains et la dissolution arbitraire des partis soient sanctionnées avec la même vigueur que les coups d’État militaires. Que les révisions des Constitution dans le but de confisquer le pouvoir et s’y éterniser soient sanctionnées avec la même vigueur que les coups d’Etat militaires.
Une observation proactive s’impose. Que les mécanismes de veille ne se contentent pas de surveiller les urnes le jour du vote, mais protègent l’espace civique 365 jours par an.
L’arrêt des remèdes improductifs s’imposent. Les médiations de dernière minute et les communiqués laconiques ne guérissent pas une démocratie à l’agonie.
Le véritable ordre constitutionnel ne réside pas dans le maintien au pouvoir d’une famille. Le véritable ordre constitutionnel ne réside pas dans le maintien au pouvoir d’un homme. Le véritable ordre constitutionnel ne réside pas dans le maintien au pouvoir d’un clan. Le véritable ordre constitutionnel ne réside pas dans le maintien au pouvoir d’un régime ou encore d’une minorité.
Il réside dans la possibilité pour chaque citoyen de s’organiser. Il réside dans la possibilité pour chaque citoyen de s’exprimer. Il réside dans la possibilité pour chaque citoyen de s’indigner. Il réside dans la possibilité pour chaque citoyen de contester sans crainte.
Si les organisations internationales continuent de sacrifier les principes sur l’autel des partenariats qui ne profitent qu’aux individus au détriment des peuples ; Si les organisations internationales continuent de sacrifier les principes sur l’autel de la « stabilité de façade », elles ne devront pas s’étonner de voir les peuples prendre leurs propres responsabilités.
Le temps n’est plus aux pansements sur des jambes de bois, mais à une exigence éthique et politique ferme. La stabilité de l’Afrique ne naîtra pas du silence, mais de la justice.
















