Par Rodrigue Ahégo,
La Voix des Sans Voix
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Les Forces Vives Togolaises au pays et à l’extérieur (diaspora) ont vécu un après-midi avec le cœur lourd. Alors que la journée du 23 février 2026 faisait lentement et sûrement son chemin, voyant le soleil de midi tendre vers le rendez-vous avec les étoiles, dans sa 98ème année, Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo a posé définitivement sa plume et son bâton de pèlerin. Avec lui, c’est une bibliothèque monumentale qui s’en va, emportant les derniers témoignages directs d’une époque fondatrice et d’indépendance trop souvent mal racontée.
Le Lankonïsme : ce terme qu’il laisse dans les panthéons qui posent le diagnostic d’un système
Plus qu’un historien, le Doyen était un analyste lucide des mécanismes d’oppression. On lui doit l’invention du terme « Lankonïsme », cette caricature cinglante de la stratégie politique du régime RPT-UNIR. Par ce concept, il dénonçait avec une précision chirurgicale la « politique du buffet » : cette méthode consistant à agiter des avantages pécuniaires devant les combattants de la liberté les plus vulnérables pour les attirer à la table du pouvoir. Le Lankonïsme, c’est l’art de diviser pour régner, d’émietter les forces vives et de semer le trouble pour divertir l’opinion, pendant que la dictature consolide ses assises. En nommant ce mal, Tété Adjalogo offrait aux patriotes un bouclier intellectuel contre la cooptation.
Une vie de sacrifice pour l’idéal d’alternance et du changement
Il s’est éteint sans avoir vu de ses propres yeux cette alternance pour laquelle il a inlassablement lutté. Son engagement n’était pas de façade ; il a contribué sur tous les fronts :
Financièrement, puisant dans ses propres ressources pour soutenir la flamme.
Par l’écrit, laissant une œuvre abondante pour éclairer les consciences.
Par le conseil, restant jusqu’au bout cette boussole morale pour les nouvelles générations.
Affaibli physiquement par les décennies de lutte et le poids de l’âge, son esprit est resté, lui, d’une clarté redoutable. Son départ laisse un vide immense, celui du dernier acteur d’une génération de bâtisseurs qui ont refusé de plier.
Un chant de ralliement pour la relève
Le regret de ne pas avoir vu le changement avant son départ ne doit pas être une source de découragement, mais un appel au sursaut. Le chantier est inachevé, mais les plans sont tracés.
« Que son passage de l’autre côté du voile galvanise ceux qui restent sur le terrain. Que le souvenir de sa ténacité serve de rempart contre les sirènes du Lankonïsme ».
Le plus bel hommage que nous puissions rendre à ce monument national est de conclure la lutte qu’il a portée à bout de bras. Il s’en va rejoindre les autres combattants partis en chemin, nous laissant la responsabilité historique de transformer son espérance en réalité.
Repose en paix, Doyen Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo. La terre de tes aïeux, que tu as tant aimée et défendue, te célèbrera à ta juste valeur, après que tu ais ajouté toute ton énergie débordante à celle de ceux qui sont partis, afin de faire souffler sur le Togo, l’ouragan qui va déraciner la dictature et toutes ses composantes, afin de libérer définitivement et durablement ce peuple pour lequel tu as fait couler tant d’encres, de salives et de sueurs.
Au panthéon de l’histoire de la Terre de Nos Aïeux, ton nom, ainsi que celui de tous ceux qui ont combattu le bon combat aux côtés du peuple, seront gravés en lettre d’Or.















