Faure Gnassingbé cultive une diplomatie d’équilibre entre l’Occident et les régimes militaires sahéliens. Derrière la realpolitik, c’est une ambition de médiateur régional qui se dessine. L’analyse de François Soudan, au micro de Catherine Potet pour RFI.
Depuis quelques années, Faure Essozimna Gnassingbé mène une diplomatie de l’équilibre, marquée par un pragmatisme assumé dans ses relations internationales. La récente visite en mars du ministre russe de la Défense, dans le sillage d’un accord de coopération militaire conclu en octobre 2025, en est une illustration concrète.
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Si Moscou voit dans le Togo un « tremplin logistique » pour soutenir les contingents d’Africa Corps dans le Sahel, les autorités togolaises présentent ce rapprochement comme un simple « acte de diversification des partenaires et de souveraineté sans plus », d’après François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, au micro de Catherine Potet, pour RFI. Une lecture qui contraste avec celle des Occidentaux, et notamment de la France, pour qui cette évolution suscite une réelle inquiétude.
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Pour de nombreux observateurs, cette diplomatie d’équilibre semble toutefois s’incliner vers les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). La posture adoptée lors du coup d’État de 2023 au Niger en est un exemple révélateur : le choix d’une non-intervention pragmatique a tranché avec une ligne plus ferme adoptée par certains dirigeants de la sous-région.
« Il fait de la realpolitik »
D’autres éléments viennent nourrir cette perception, comme la présence supposée à Lomé de Pascal Tigri, impliqué dans une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025 et proche des putschistes sahéliens, ou encore l’extradition en janvier 2026 de l’ex-putschiste burkinabé Paul-Henri Damiba vers son pays, à la demande de la junte.
« Lomé est aussi une capitale où se rendent régulièrement les ministres, les propagandistes des pays de l’AES, souvent à l’invitation du ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, dont les convictions souverainistes et panafricanistes sont affichées. » Cette orientation, parfois perçue comme pro-junte, tranche avec la posture plus nuancée de Faure Gnassingbé, qui multiplie les gestes en direction de l’AES, sans pour autant franchir un point de rupture.
« Il n’est ni anti-occidental, ni néo-sankariste, ni admirateur des régimes militaires. Il fait de la realpolitik », souligne François Soudan. Car les ambitions du dirigeant togolais semblent se situer ailleurs. Doyen en longévité parmi les chefs d’État de la Cedeao, il chercherait à s’imposer comme un médiateur régional, comme il a pu le faire dans l’est de la RDC, comme l’écrit Matthieu Millecamps dans son article « Faure Gnassingbé : entre la Russie, la Cedeao et l’AES, l’équilibrisme comme levier de pouvoir« . Une trajectoire qui rappelle celle de son père, Gnassingbé Eyadéma, et qui suppose le maintien d’un certain non-alignement.
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