À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Maryse Mawutowu Quashie propose une réflexion singulière sur la condition féminine. Pour elle, au-delà de la multiplication des droits revendiqués, il n’en existe qu’un seul qui les résume tous : le droit au bonheur, entendu comme la possibilité pour chaque femme de vivre, de s’épanouir et de choisir librement sa trajectoire sans discrimination
8 mars 2026, Journée Internationale des Droits de la Femme
Deux chambres salon meublés et climatisés avec cuisine
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Par Maryse Mawutowu QUASHIE
Pourquoi parler de Droits avec un S, alors que nous n’avons qu’un seul droit ! Oui, nous, les femmes, avons le Droit au bonheur, et c’est tout ! « Mais qu’est-ce que le bonheur ? » me diront les sceptiques. Simplement pour moi, le bonheur consiste en ce qu’advienne le plus, le mieux possible ce qui est en chacun. Cela signifie que ce qu’il nous faudrait, à nous les femmes, c’est d’avancer dans la vie sans que ce soit à quelqu’un d’autre de décider de ce qu’il y a de meilleur en chacune de nous.
Ainsi,
· le Droit au bonheur, c’est que dès ma conception, comme tous les humains j’ai droit à exister, à être célébrée en tant que fille, sans que quelqu’un n’ose penser que gagner ou perdre un garçon c’est plus grave que de gagner ou perdre une fille. Si c’est cela le Droit à la vie, alors je veux de ce Droit !
· le Droit au bonheur se poursuit dans le fait de voir de la joie dans le premier regard, dans le premier mouvement du cœur de ceux qui m’auront conçue. Tout enfant a droit à cela mais quelle injustice lorsque le regard d’un parent s’assombrit simplement parce c’est à une fille qu’il a donné naissance ! Si c’est par là que commence le Droit à l’identité, alors je veux ce droit, qui m’enlèvera plus tard toute invisibilité sociale comme une personne sans importance ! Si cela se poursuit par le fait que je bénéficie de tout bien matériel et culturel sur la base de notre égale dignité, alors je veux bien me mobiliser pour les Droits économiques et sociaux !
· Le Droit au bonheur, c’est de bénéficier sans discrimination du fait que soit protégé tout ce que je porte en moi au plan physique et psychologique. Si cela se poursuit par l’opportunité qui m’est offerte de vivre cela tout au long de ma vie, en particulier dans mes spécificités de femme. Si c’est cela le Droit à la santé alors j’en veux !
· Le Droit au bonheur, c’est de bénéficier comme tous les enfants, de l’opportunité que se développe en moi tout ce qui est en moi : potentialités physiques et intellectuelles, sociales et artistiques, affectives et spirituelles. Si la famille, si l’école, si les systèmes de formation, m’offrent cela, sans que rien ne soit privilégié ou refusé en moi simplement parce que je suis une fille, que couture, coiffure, et commerce soit autant valorisés aux yeux de tous, femmes et hommes, que chirurgie, charpenterie, culture du sol, alors je veux du Droit à l’éducation !
· Le Droit au bonheur c’est que puisse, tout au long de ma vie, s’épanouir en moi tout ce que je veux choisir : qu’en aucune circonstance je ne sois obligée de souffrir d’ambivalences qui confrontent en moi la femme à la mère, la femme qui travaille hors de sa maison, lumière dans son milieu professionnel à celle qui travaille à la maison, flamme de son foyer. Qu’ainsi n’ayant pas à voir s’opposer en moi le valoir par soi-même et le faire valoir quelqu’un d’autre, je puisse me sentir aussi utile à ma famille, à mon pays, au monde entier que toute autre personne. Si c’est en cela que se résument pour moi les Droits civiques, alors je veux bien lutter pour cela.
Aujourd’hui, je veux bien me sentir concernée par cette journée où on se rappelle les Droits de la femme : si tout croyant, attaché à l’image d’un Dieu qui est tout amour et donc toute justice, est fermement convaincu que jamais n’auraient été créées par ce Dieu deux personnes d’inégales valeurs, tout croyant se mettrait en mouvement pour expliquer cela à tous ceux qui choisissent et pratiquent la discrimination entre femmes et hommes.
Voilà pourquoi finalement en ce 8 mars 2026, je choisis non pas de m’adresser à toutes les femmes mais à tous les croyants.
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